Le lendemain au travail, Valentin contemplait d'un air rêveur l'écran de son ordinateur, un sourire béat aux lèvres. Il pensait encore à ses ébats du jour précédent, malheureusement ils n'avaient pas duré bien plus longtemps car Embry, qui n'était pas en congé maladie, avait dû retourner aux bureaux en début d'après-midi.
Carla le tira de son état de transe.
- Eh, Valentin? Tu me sembles de meilleure humeur, remarqua-t-elle.
Valentin ne pouvait le nier : son entrevue avec le séduisant millionnaire, qui possédait maintenant le statut de son petit ami non-officiel, lui avait considérablement remonté le moral, morose qu'il était deux jours plus tôt.
- C'est parce que je le suis, répondit-il, évasif.
- Cool alors, fit-elle, tout sourire. Contente pour toi.
Et elle le paraissait. Vraiment. Il se surprit à penser que, tout compte fait, lui qui était prêt à donner sa démission il n'y avait pas si longtemps, il aimait ce job, et voulait le garder.
- Euh, Valentin? Tu as un peu bûché, hier?
- Pas mal, ouais, répondit-il en levant son tas de feuilles agrafées.
- Et euhm... commença-t-elle en rougissant. Ca va mieux avec McDeal?
Valentin réfléchit un instant, pesant le pour et le contre. Après tout, il pouvait se confier à Carla... c'était en partie grâce à elle s'il avait couché avec Embry.
- Plutôt, oui, répondit-il en souriant.
-Parfait. Alors tu ne verras pas d'inconvénient à aller lui rendre le fruit de ton dur labeur sur le champ?
- No problème, répondit-il en se levant, pas aussi assuré qu'il n'en avait l'air.
Saisissant d'une main son rapport, il prit la porte et se dirigea vers l'un des ascenseurs. Croisant Logan en route, il lui fit un large sourire, à tel point il était euphorique. Celui-ci fronça les sourcils puis éclata de rire, levant les yeux au ciel. Valentin, toujours tout sourire, prit l'ascenseur jusqu'à l'étage 48, et ne ralentit sa vive allure qu'en se rapprcohant du bureau d'Embry. Il se força à rester neutre et calme, avec Embry tout pouvait changer d'un jour à l'autre... Il n'aurait qu'à faire comme si de rien n'était, voilà tout.
Un peu nerveux, il toqua à la porte et entra.
Embry était assis à son bureau, comme d'habitude. Il ne réagit même pas à son entrée, il était plongé dans la lecture d'un document et paraissait très concentré. C'était un peu stressant...
- Bonjour... dit Valentin à voix basse, s'avançant juqu'au bureau.
Il crut déceler un bref hochement de tête chez Embry, en guise de réponse, mais peut-être l'avait-il imaginé.
Il attendit un certain moment ainsi, trente secondes peut-être plus, puis Embry quitta du regard le texte, soupirant de lassitude. Il mit le papier en boule et le jeta dans la poubelle, agacé.
- Non mais je rêve, ils veulent m'endormir dès le matin avec leurs conneries, marmonna-t-il.
Valentin se demanda s'il devait le prendre comme un honneur qu'Embry lui confie ce qui l'embêtait. C'en devenait vraiment frustrant.
- Euh... Ok.
C'était tout ce qu'il pouvait dire! Embry sourit vaguement, puis reporta son attention sur le arpport qu'il tenait à la main.
- Donne, lui ordonna-t-il, ni froid ni chaleureux pour autant.
Valentin lui tendit la pile, se disant que s'il avait l'intention de lire les onze pages dans l'immédiat, il allait peut-être repasser plus tard dans la matinée. Aussi formula-t-il sa question :
- Tu comptes le lire maintenant?
- Comment? Excuse-moi... tu disais?
Au moins, il lui avait répondu, même si ce n'était qu'un maigre réconfort.
- Rien bougonna Valentin, avant de se retourner et de se diriger vers la sortie.
A peine eut-il fait quelques pas qu'il sentit une main empoigner la sienne, il pivota donc sur lui-même et se retrouva face à Embry.
- J'ai dit quelque chose de vexant? demanda celui-ci, troublé.
- Non, pas du tout.
- Tu mens, dit Embry, intraitable. Tu n'es pas content, je le vois.
- Eh bien il s''avère que tu te trompes, risposta Valentin, un peu agacé.
Embry fronça les sourcils, et Valentin s'apprêtait à ajouter un mot pour s'en aller, quand sa bouche rencontra un obstacle : celle de son patron. Sans la moindre hésitation, il glissa sa langue à l'intérieur, répondant au baiser déjà engagé. Ils s'embrassèrent quelques secondes, puis Embry recula, bien trop tôt au goût de Valentin qui ne comprenait pas la raison de la courte durée de ce baiser à peine commencé.
- De meilleure humeur? s'enquit le beau blond, amusé.
- Je suis de bonne humeur, riposta Valentin, insistant bien sur le "suis".
- Si tu le dis...
Valentin, ne trouvant rien à redire, hocha la tête et détourna le regard, fixant avec insistance la photocopieuse derrière Embry.
- Tu n'es guère bavard, aujourd'hui.
- C'est parce que je ne suis pas énervé, ironisa Valentin.
- Tant mieux, au moins tu ne déverseras pas ta colère sur moi, fit Embry.
Valentin esquissa un sourire gêné, ne sachant pas trop quoi répondre.
Embry dut se rendre compte qu'il n'engagerait pas la conversation, car il le fit :
- Alors... raconte-moi, qu'as-tu fait du reste de ta journée, hier?
- Ben... pas grand chose, à dire vrai.
- Vraiment? En fait, moi non plus.
Valentin haussa les sourcils, attendant de plus amples explications.
- C'est à dire? l'interrogea-t-il.
- Eh bien... je suis retourné travailler, mais... mes pensées étaient ailleurs. Comme quoi, j'aurais peut-être dû rester avec toi, ajouta-t-il, taquin.
- Peut-être, s'esquiva Valentin.
Embry était, de toute évidence, vexé par son absence de réaction. Il s'en voulut un peu de se montrer aussi distant, mais il ne savait pas comment se montrer proche de lui... où se situait la limite de leur familiarité.
- Tu as perdu ta langue ou quoi?! s'exclama Embry, agacé.
La réponse, instinctive, fusa sans qu'il puisse se contrôler :
- Tu veux vérifier?
- Puisque c'est si gentiment proposé, rit Embry.
- Désolé, s'excusa-t-il, penaud. Je n'avais pourtant pas l'intention d'être froid...
Son interlocuteur médita cette excuse, hochant la tête en silence.
- Je te mets mal à l'aise? lui demanda-t-il.
Valentin ne répondit pas. Oui, toute cette histoire le mettait mal à l'aise, mais l'avouer ne ferait qu'empirer les choses. Il baissa les yeux. Embry soupira, apparemment il l'avait froissé. Cela dit il se détrompa quand il sentit sa main lui agrriper le menton et lui relever, l'obligeant ainsi à plonger dans ses yeux noirs comme la nuit.
- Tu n'as pas à être gêné, Valentin, déclara-t-il, presque autoritaire.
- Je sais, marmonna le concerné.
- Tu étais plus sûr de toi, hier, continua Embry, souriant.
Valentin esquissa un petit sourire contrit, parfaitement conscient que son comportement était déplacé, et Embry fit une moue craquante.
- Au fait, tu ne m'as pas dit bonjour comme il se doit, le morigéna-t-il.
- Comment?! s'exclama Valentin. C'est toi qui me snobe!
- Tu sais ce que je préfère le langage du corps à celui oral...
- Oh, j'avais oublié, fit Valentin, agréablement surpris par la répartie sensuelle d'Embry.
Hésitant encore dans ses gestes, il parcourut la distance qui le séparait de ses lèvres : il lui donna un baiser assez timide, où on sentait sa retenue par rapport à leurs jeux de langue habituels. Embry comprit le message et répondit au baiser avec la même douceur, donnant des coups de langue furtifs et sensuels dans la bouche de Valentin qui s'enhardissait peu à peu. Il le serra étroitement entre ses bras, le forçant à se serrer plus contre lui et à approfondit ce baiser afin qu'il devienne dévorant.
- Depuis quand es-tu si timide? murmura Embry, rompant le contact de leurs lèvres.
- Qui est timide? demanda Valentin avec un air plein de suffisance, descendant ses mains sur les fesses d'Embry, et les pressant avec une espèce d'avidité bestiale qui n'avait rien à voir avec ses précédentes hésitations.
Embry tressaillit sous ces caresses pleines d'audaces qui lui plaisaient énormément. Très excité, il s'empara de la nuque de Valentin et le poussa contre lui avec sauvagerie, il introduisit sa langue dans sa bouche avec empressement, et se mit à caresser les muscles de son torse de sa main libre, la passant sous sa chemise.
Valentin, échaudé, répondit avec fougue et passion au baiser, et hissa une de ses mains jusqu'à l'entrejambe d'Embry, qu'il palpa et caressa à travers l'obstacle indésirable de son pantalon.
A son grand étonnement, Embry stoppa aussi sec ses caresses et se dégagea brusquement de son étreinte, reculant de deux pas.
- D-Désolé.... bredouilla Valentin, sonné et honteux. Je... je n'aurais pas dû...
- Ne raconte pas de bêtises, Valentin! s'exclama Embry. C'est juste que... enfin... à moins que tu ne veuilles baiser ici, il faudra éviter ce genre de contacts un peu... osés.
Valentin rougit, de frustration et de honte, et baissa la tête. Pourquoi est-ce qu'il faisait toujours tout foirer? Embry, qui lisait en lui comme dans un livre ouvert, fronça les sourcils :
- Eh, je ne te demande pas d'arrêter parce que ça me dérange... au contraire, ça me plaît un peu trop.
Il se rapprocha de lui et l'embrassa dans le cou, avant de s'emparer de la main du jeune homme et de l'appuyer contre son sexe, qui était durci.
- Tu comprends? chuchota-t-il.
Valentin hocha la tête, compréhensif, et fixa Embry dans le blanc des yeux... les quelques minutes qu'ils venaient de passer ensemble l'avaient réveillé sexuellement, et il ressentait de plus en plus de peine à se contenir, car il avait envie de coucher avec Embry maintenant.
- Embry... commença-t-il. Je te veux.
- Mais tu m'as... répondit celui-ci, souriant. Je te l'ai déjà dit... je ne suis plus qu'à toi.
Bien sûr, c'était sexuellement parlant... Valentin le savait.
- Pas dans ce sens. Je te veux, j'ai envie qu'on baise! s'esclama-t-il.
Embry le considéra un instant, avant de lacher d'un ton calme :
- Moi aussi. Mais ce n'est ni le lieu, ni le moment approprié.
Valentin soupira. Il s'était attendu à cette réponse décevante.
- En revanche, reprit Embry, ce soir, tu rentres avec moi, mon petit Valentin... allez, file travailler.
Valentin, remonté, rit et l'embrassa furtivement en collant son torse au ien, avant de se retirer aussi vite et de prendre la porte.





