Quelques heures plus tard, dans l'après-midi, Valentin était à nouveau assis dans le bureau à l'ambiance confinée de Carla.
Dehors, les flocons de neige s'agitaient dans tous les sens, et il était rassurant de savoir qu'une vitre le séparait de ce froid glacial qui régnait sur New York, chaque hiver...
La conférence en compagnie de Loga, dans la matinée, s'était déroulée sans plus d'encombres, et Valentin était en train de formuler les phrases dans sa tête pour arranger un plan cul entre Logan et Eric, comme à sa demande, quand Carla fit irruption dans la pièce, après être allée chercher quelques dossiers nécessaires à son travail.
- Tu n'aurais pas un truc à faire pour moi?
- Dis, tu connais le mot "détente"? lui répondit-elle, un peu amusée.
Elle déposa son sac a pied de son bureau avant de s'asseoir lourdement sur son siège, harrassée.
- Non, ça ne fait pas partie de mon vocabulaire... je pourrais bien commencer mon rapport, mais je préfère le rédiger plus tard...
- Ah... fit Carla, distraite. La famine dans le Tiers-Monde, c'est ça? Le sujet de demain... McDeal et Bartle sont en train de s'entretenir dessus...
Valentin releva brusquement la tête, totalment sorti de son "coma" d'ennui.
- Quoi?
- McDeal et Bartle... ils en parlent, là, en ce moment... J'ai croisé Bartle dans le couloir il y a dix minutes.
- Et où sont-ils? la questionna-t-il, alerte.
- Euh... dans le bureau de McDeal.
Valentin eut l'impression qu'un énorme monstre se tenait dans son ventre et lui dévorait les entrailles. Il avait un affreux pressentiment, Embry et Logan seuls dans la même pièce... il n'avait pas été informé de cette entrevue! Il n'y avait qu'une seule raison possible à cela : on avait voulu le lui cacher. Plus il s'imaginait ce qui pouvait se passer, plus la peur grandissait en lui. Alors, il se leva brutalement de son siège.
- Je sors, j'en ai pas pour longtemps.
Carla se mordit la lèvre et soupira, mais il n'y prêta pas attention et sortit en trombe. Les couloirs étaient bondés... Avec agilité et rapidité, il se rendit jusqu'au bureau de Loga, dont il poussa la porte.
- Vide... murmura-t-il pour lui-même, réprimant un haut-le-coeur.
Affolé, il zigzagua jusqu'à l'ascen,seur, et le quitta arrivé à l'étage 48. Il avança sur ses jambes tremblantes jusqu'au bureau d'Embry, un peu gêné car il ne l'avait pas revu depuis qu'il l'avait sucé et appréhendait sa réaction quand il débarquerait à l'improviste... en fait, maintenant qu'il y pensait, il se rendait compte qu'il avait un peu peur de lui... il était tellement impressionnant! Mais ce n'était pas le moment de penser ça! Il avait des tripes, bordel! Résolu, plus déterminé que jamais, il ouvrit la porte et la referma derrière lui sans avoir pris le temps d'étudier ce qui se passait. Il découvrit alors Embry et Loga, côte à côte, qui le regardaient avec surprise, et il décela une once d'agacement chez Embry.
- Valentin! Qu'est-ce qui t'amène? demanda Logan avec sa bonne humeur habituelle, nullement gêné par la situation.
- Je ne crois pas avoir spécifié que ta venue était indispensable, dit Embry, blasé, l'air de contenir sa colère.
- Dans un élan de narcissisme, j'ai cru qu'on aurait besoin de ma précieuse aide, lui rétorqua Valentin sur le même ton.
Embry plissa le front, comme toujours quand il était agacé et ne trouvait rien à redire, le toisant avec froideur. Valentin, à qui ce rejet faisait bien plus de mal qu'il ne voulait le laisser paraître, lui rendit son regard, ce qui énerva davantage le beau blond, remarqua-t-il en observant les jointures de ses mains, blanches tellement il serrait fort les poings.
- Besoin... de ton aide? reprit Logan.
Le sourire pervers qu'il arborait inquiétant fortement Valentin, il détacha ses yeux d'Embry pour observer le brun.
- Si les partouzes t'intéressent, en effet je serais ravi que tu y participes, mon petit Valentin, continua Logan.
- Que... Hein?! Mais ça va pas la tête! Et puis quoi encore?!
Il se recula instinctivement, effrayé à cette perspective, surtout que Logan le regardait avec des yeux... gourmands!
- Dommage... soupira ce dernier. Si tu changes d'avis, préviens-nous.
Valentin se tourna alors vers Embnry, estomaqué.
- Parce que vous alliez... ici?!
Il n'en revenait pas... tout ça le dégoûtait! Il ne voulait pas que l'homme qu'il désirait le plus au monde sa fasse Logan, pas alors qu'il lui avait promis que... pas après ce qui s'était passé!
Les yeux ronds, il srcuta le visage d'Embry, qui le regardait maintenant avec moquerie, son petit sourire en coin à la fois superbe et détestable... il cherchait un réconfort dans ses prunelles noires, mais n'y trouva que de l'hostilité. Il ne comprenait pas cette réaction si injuste! Ca lui fit l'effet d'un coup de couteau enfoncé loin dans son ventre.
Embry prit enfin la parole, mais pas la manière dont il l'avait espéré :
- Ce ne serait pas la première fois... tu sembles choqué, peut-être n'aimes-tu pas les sensations fortes?
Valentin le fusilla du regard, mais il ne broncha pas, tout sourire.
Logan, en revanche, ne semblait pas apprécier le tour que prenait la conversation, car il fronça les sourcils et rompit ce silence pesant :
- Euh... dites... c'est pas la peine de s'énerver, hein? dit-il en riant nerveusement. On était plus détendus, y'a cinq minutes... là je sens une tension, c'est pas top...
A sa grande surprise, Valentin éclata de rire.
En réalité, il riait pour contenir sa fureur, entièrement dirigée contre Embry, mais aussi pour lui montrer qu'il se fichait totalement de lui, même si c'était loin d'être la vérité.
Logan le regarda avec curiosité, déconcerté, et Embry plissa les yeux.
- Oh oui je susi sûr que... vous deviez être plus "détendus" il y a cinq minutes, quoique si vous préférez quand c'est mou, va y avoir du chemin à faire côté cul! Bref, moi je retourne travailler, désolé Log' mais un "free porn" entre vous deux ça risquerait de me donner la gerbe!
Avant que l'un deux ait eu le temps de répliquer, il avait déjà pris ses jambes à son cou.
Il venait d'être odieux, pire : insolent et irrespectueux... Mais peu lui importait. Ils l'avaient mérité. Si ça se trouvait, ils étaient déjà en train de baiser... quand même, il avait cu voir Embry blêmir au cours de sa longue tirade... il espérait l'avoir blessé, même s'il en doutait. "Ce n'est pas juste" , se dit-il en sortant de l'ascenseur, Embry n'avait pas le droit de le considérer comme un jouet... Pour lui, il ne devait être qu'un pion insignifiant, alaors que c'était tellement plus que ça, pour Valentin...
Abattu, il rentra au bureau.
- 'Lut Carla... lacha-t-il piteusement.
- Déjà de retour? Je...
Mais elle n'acheva pas sa phrase, car ses traits reflétaient parfaitement son état d'esprit : morne, déçu, et impuissant.
- Valentin... je peux te poser une question... personelle?
- Je t'en prie, l'invita-t-il, relevant péniblement lses yeux.
- Bon... est-ce que tu cocuhes avec McDeal?
La réaction de Valentin fut immédiate : il sursauta et la dévisagea avec des yeux ronds. Comment savait-elle...?
- Je vois... perso, je suis lesbienne, alors...ma copine bosse ici aussi.
Voilà qui expliquait ses allées et venues dans le bâtiment et ses absences répétées...
- Houlà, calmos! Comment en es-tu arrivée à cette conclusion?!
- Si je te le dis, ça va encore plus te miner le moral, répondit-elle, acerbe. Disons que c'est une question... d'habitude.
- Super... grommela Valentin, peu réjoui.
Elle le scruta un moment, il avait la tête enfouie dans les amins et avit, de toute évidence, besoin de se défouler.
- Ne viens pas demain, lui dit-elle.
- Q-Quoi?! Pourquoi donc?
- Parce que ça va énerver McDeal, répondit Cala, malicieuse. Je dirai que tu m'as téléphoné et que tu es malade, cloué au lit... il est temps que quelqu'un le remette à sa place, et, d'après les rumeurs, tu en as déjà fait pas mal en le rembarrant.
- Les... rumeurs? Tu veux dire que ça s'ébruite? s'exclama Valentin, déglutissant avec peine.
- Un peu, oui... mais j'ai appris ce que je sais de Logan... ça n'a aucune importance. Bon alors, c'est d'accord? Tu sèches le boulot demain?
- C'est d'accord... merci, Carla.
Valentin sourit.
Il allait mener la vie dure à Embry McDeal !







Et puis elle a raison il faut le remettre à sa place le McDeal de temps en temps !! Faut se faire désirer !!