Les flashes crépitaient de toutes parts et valentin s'en trouvé aveuglé; pire encore : le brouhaha infernal qui régnait dans la salle lui donnait l'impression que sa tête bourdonnait... un vrai capharnaüm.
- Logan, t'as bientôt fini? demanda-t-il d'une voix suppliante.
Ledit Logan retira prestement le crayon qu'il tenait serré entre ses dents, et écrivit en hâte quelques mots sur son petit carnet.
- Encore un instant "Monsieur Valentin", ce n'est pas terminé!
- Arrêtes de m'appeler comme ça, veux-tu? s'exclama Valentin, dont l'agacement était visible.
En guise de réponse, Logan s'esclaffa sans prendre la peine de s'en cacher, et replongea dans ses notes, se frayant un passage parmi la foule compacte pour se rapprocher un peu plus du ministre des affaires étrangères. En fait, Logan n'était autre que Mr bartle, le brun dont Valentin avait fait la connaissance lundi, et, depuis ce fameux jour, Logan l'appelait "Mr Valentin" en référence à la manière particulièrement stupide qu'il avait eue de se présenter à la réunion menée par Embry McDeal.
Quand son collègue eut disparu de son champ de vision, Valentin soupira et s'adossa lourdement contre le mur, réfléchissant aux évènements qui avaient marqué ces derniers jours. La semaine avait été chargée, et il attendait le week-end avec impatience. Pour commencer, il avait fini par mettre son projet à exécution en rédigeant un rapport concernant la réunion du lundi, plus pour attirer l'attention du bel Embry que pour autre chose. Mais l'objet de ses pensées n'était pas revenu au bureau depuis lundi, et, d'après les dires de Carla, il était en voyage d'affaires... Valentin se rendait bien compte qu'il ne disposait que d'un mois pour faire ses preuves, mêmes si à l'origine il avait seulement postulé pour un stage, l'idée de ne plus jamais pourvoir admirer le beau blond lui torturait l'esprit, et il était prêt à tout pour avoir une place digne de ce nom au sein du journal.
Et puis maintenant il y avait cette conférence de presse, où se pressaient des dizaines et des dizaines de journalistes... il savait que, dans son intérêt, il aurait dû en faire autant, mais il se sentait vraiment épuisé, et son entrevue de la veille avec Eric n'avait rien arrangé. Peut-être Logan accepterait-il de lui prêter ses notes pour qu'il rédige un autre rapport, même si le sien ne serait jamais publié dans le "Days & News" ... il n'y avait que comme ça qu'il pouvait mettre toutes les chances de son côté... En fait Logan, qui lui avit paru arrogant et hautain au premier abord, s'était avéré être le collègue qu'il appréciait le plus, avec Carla. Comme il l'avait déviné, celui-ci n'était guère plus âgé que lui : il allait sur ses 26 ans. Logan avait été étudiant à la même fac que lui, sauf qu'il y était resté quatre ans, c'était un type de fortmation plus avancé, qui lui avait permis de devenir journaliste au "Days & News", il y avait déjà trois ans de cela...
- Eh, valentin, on y va?
Valentin sortit de sa rêverie, regardant Logan devant lui avec des yeux égarés.
- Déjà?
- Oui, déjà, le railla-t-il, moqueur. Ce n'était pas toi qui te plaignait de rester ici? Et puis, il est dix-sept heures passées...
Les deux hommes prirent la direction du véhicule de Logan, et ils bataillèrent dans les bouchons de Manhattan durant une demi-heure, Valentin criant régulièrement à cause de la façon de conduire de Logan, qui était un véritable chauffard. Ils atteignirent enfin les bâtiments de la rédaction, s'engouffrèrent dans l'ascenseur, et c'est avec soulagement qu'ils pénétrèrent dans le bureau de Logan.
- Quelle semaine! J'ai eu ma dose d'émotions! soupira Valentin.
- Vraiment? J'aimerais bien savoir pourquoi...
Valentin adressa à Logan un sourire goguenard, lui faisant clairement comprendre qu'il ne lui en dévoilerait pas plus.
- Au fait... commença ce dernier en examinant nonchalamment ses ongles, parfaitement décontracté. McDeal rentre ce soir.
- Ah oui?
Son excitation l'avait trahi. Sa voix, morne, s'était animée, et ses yeux brillaient.
- Ca t'intéresse donc tant que ça?
- Moi? Oh, non, pas du tout... enfin, j'avais écrit un brouillon, et j'avais espéré qu'il y jetterait un coup d'oeil... répondit Valentin, en s'asseyant sur le bureau de verre, l'air le plus détaché possible.
- Mais bien sûr! rétorqua Logan, moqueur. Dis-moi, Valentin.. serais-tu gay?
Valentin sursauta et piqua un fard. Bon sang, il n'avait pas une étiquette "GAY" sur le front, quand même?!
- Qu'est-ce qui te fait dire ça?
- Je ne dis rien, je pose une question, ironisa Logan, hilare.
Au regard que lui lança Valentin, il stoppa vite ses ricanements.
- Et si je l'étais, ça ferait quoi? demanda Valentin, méfiant.
- Ok, je vois. Tu es gay.
- Non, je ne le suis pas! protesta-t-il vivement.
- Ah bon?
Logan croisa les bras, le toisant d'un air dubitatif.
- Excuse-moi mais, les homos qui ne s'assument pas, ça a tendance à m'agacer.
Entre temps il s'était rapproché, se plantant devant lui, le toisant avec cette sorte de froideur.
- Je m'assume parfaitement, espèce de gros con.
- Ok, je comprends... tout ça est très nouveau pour toi, non?
- Mais de quoi tu parles? demanda Valentin, pas sûr de vouloir entendre la réponse.
Mais elle ne vint pas. Logan ne dit rien. Il se contenta de le regarder intensément dans les yeux. Enfin... dans un premier temps!
Au bout de quelques secondes, un sourire apparut sur son visage.
- Tu vas me faire croire que tu n'es pas attiré par les hommes?
Valentin détourna la tête, mal à l'aise à cause du tournant que prenait la conversation. Il se voyait mal avouer son homosexualité à un type qu'il connaissait depuis cinq jours alors que ses proches, eux, n'en savaient rien. Mais il fut vite amené à recroiser le regard de Logan par... la main de celui-ci : il l'avait saisi par le menton, et l'obligeait à lui faire face, ne desserrant pas la pression de ses doigts.
- Depuis quand exactement es-tu gay? murmurra-t-il.
- P-Pas longtemps... bredouilla Valentin, cramoisi.
Logan hocha la tête, l'air assez compréhensif. Mais il y avait autre chose dans ses yeux, une lueur que Valnetin avait déjà eu le loisir d'oberver chez Eric, le jour précédent. Inquiet, il ne laissa toutefois rien paraître de son trouble.
- Et toi? l'interrogea-t-il, le défiant.
Logan eut l'air agréablement surpris, car il haussa les sourcils puis sourit.
- Moi... ça fait un peu plus longtemps, on va dire...
Valentin percevait très bien dans son ton qu'il était homosexuel depuis belle lurette, et à l'aise avec sa... sexualité.
- Ok... se borna-t-il à dire, fixant la main gauche de son collègue qui enserrait toujours son menton.
- Tu as déjà baisé avec un mec? lui demanda Logan de but en blanc.
Valentin, choqué par son impudeur, se mit à rougir violemment et à cafouiller.
- N-Non... arrête avec tes questions gênantes!
Logan parut déçu, puis il lui fit une moue craquante.
- Dommage... ç'aurait été bien qu'on essaie ensemble, non?
- Hein?!
Valentin inspira un grand coup. Non mais pourquoi est-ce qu'il ne tombait que sur des homos pervers, ces temps-ci?! Il avait l'impression d'être un gros morceau de viande exposé dans la vitrine d'une boucherie!
- M-Mais... j'ai pas envie, moi! s'exclama-t-il, furieux.
- Oh, tu m'insultes, là! Dis que je suis repoussant pendant que tu y es!
- Mais non, imbécile! Tu es... tu es... bafouilla-t-il en observant Logan de la tête aux pieds. Tu es... très bien.
- Ah oui?
Logan avait retrouvé son sourire, et se délectait de regarder Valentin qui s'embrouillait et rougissait.
- Alors, je devrais... te satisfaire... non? chuchota-til, rapprochant ostensiblement son visage du sien et le fixant dans le blanc des yeux.
- Je... je ne sais pas, parvint à balbutier Valentin.
Logan sourit à nouveau, de ce sourire coquin qu'il arborait souvent, et alla murmurer à son oreille :
- Tu me fais très envie depuis l'autre jour où tu es arrivé...
Il rit doucement et lui refit face, là il plaça sa main libre devant sa bouche et mima un geste obscène, en l'occurence, une fellation, puis il descendit sa main pour effleurer l'entrejambe de Valentin qui était toujours assis sur le bureau.
- Tu veux que je te suce? lui proposa-t-il.
- Q-Quoi?! T'es timbré! Et... ici?! Ca va pas!
Logan rit une fois de plus de son désarroi, et lui caressa une mèche de cheveux.
- Mon petit Valentin... t'es encore aveugle, hein?
Valentin se préparait à répliquer pour incendier Logan, ne sachant pas encore si c'était le terme "petit" ou bien "aveugle" qui lm'énervait le plus, mais au même moment LOgan passa une main derrière sa tête, et l'autre dans dos, puis il le renversa à demi sur le bureau, avant de se pencher au-dessus de lui, le surplombant de tout son poids et sa taille.
- Je t'agace on dirait... dis-toi que t'as pas fini d'en voir!
Valentin ne comprit pas le sens de ces paroles, mais il n'eut pas le temps de s'attarder pour réfléchir à leur signification que, déjà, Logan englobait sa bouche et hissait sa langue à l'intérieur. Valentin écarta immédiatement les lèvres, Logan n'était pas celui dont il avait le plus envie, mais il était gay, il le désirait, et puis, il était vraiment sexy. Il répondit donc fougueusement à son baiser, aggripant ses épaules avec force, et collant son bassin au sien. En fait, il aimait de plus en plus ce contact homme/homme, bien plus bestial et passionné qu'avec une fille. Il aimait sentir l'érection de son partenaire contre son propre sexe, dur et rigide... ça l'excitait au plus haut point. Toutefois il avait l'horrible impression que tout allait trop vite, et que Logan prenait des initiatives auxquelles il ne s'attendait pas. En se plaquant à lui ainsi il avait voulu assouvir ses pulsions qui menaçaient d'exploser depuis qu'il avait vu Embry, mais il avait oublié que les hommes étaient plus réactifs que les femmes à ce genre de contact, et qu'il stimulait Logan en agissant de cette façon. Au prix d'un immense effort, il détacha ses lèvres des siennes, alors que léchange venait de commencer, et le regarda droit dans les yeux, se voulant autoritaire.
- Attends Logan! C'est vraiment pas le moment de...
Il désigna leurs corps, Logan debout penché sur lui dont l'érection était plus qu'évidente, et lui, à moitié couché sur le bureau, en train de bander également. Fort heureusement, à moins de toucher ces "endroits" , on ne pouvait voir à travers leurs pantalons l'agitation qui y régnait.
- Et alors? protesta Logan, visiblement contrarié, le visage toujours au-dessus du sien.
- Eh bien... commença Valentin.
Mais il n'eut pas le loisir de continuer sur sa lancée, car la porte du bureau de Logan venait de s'ouvrir, et une grande et mince silhouette, élancée et vêtue d'un élégant costume marine sous la veste duquel une chemise rouge écarlate tranchait à merveille venait d'apparaître sur le seuil.
Comme dans un rêve, Valentin regarda rapidement le visage de cette personne avant de baisser aussitôt les yeux, comme brûlé.
Embry McDeal. Dans l'encadrement de la porte, celui-ci les toisait avec une franche surprise et une curiosité non dissimulées, mais son masque affable, son air indifférent et suffisant reprirent bien vite le dessus.
Au grand dam de Valentin, Logan ne changea pas de position, en fait il paraissait parfaitement à l'aise, décontracté, on aurait même dit que la situation l'amusait.
- Tiens, Monsieur Mcdeal, comment allez-vous?
Son ton était enjoué, d'ailleurs il souriait de toutes ses dents. Valentin se demanda s'il n'était pas un peu toqué.
- Bien... répondit Embry, toisant LOgan de manière étrange. mais surtout dites-le moi Bartle si je dérange, on dirait que ce n'est pas le bon mom...
- Non, non! s'eclama Valentin, lui coupant la parole. Il n'y a aucun problème, reprit-il en marmonnant cette fois-ci, car le regard qe lui avait jeté Embry au moment où il s'était exprimé lui avait glacé le sang. Il se tourna ensute vers Logan et rougit en prononçant ces paroles : "Logan ahem... si tu voulais bien..."
- Oh oui en effet ce n'est pas tout à fait le bon moment, je pourrais passer à votre bureau dans quelques minutes, dit Logan, faisant taire le pauvre Valentin.
A la façon ironique qu'il avait de le vouvoyer ou de l'appeler "Mr McDeal" , on devinait qu'il avait l'habitude de s'adresser à lui d'une autre manière.
- Parfait, répondit Embry, avant de quitter la pièce en refermant délicatement la porte.
Une fois qu'ils furent seuls, Valentin se tourna vers Logan en grinçant des dents, furieux:
- Logan? brailla-t-il.
- Tu me remercieras plus tard, Monsieur Valentin... allez, déguerpis, j'ai du boulot!
Sans qu'il comprenne très bien ce qui était en train de se passer, Valentin se retrouva bientôt à la porte, éjecté du bureau de Logan.
"Non mais je rêve!" pensa-t-il, se retenant de défoncer la porte à coups de poings.






